Seagull
Vous voulez parier sur une direction. Un call spread coûte de l'argent. Un risk reversal vous expose à un risque baissier illimité. Le seagull coupe la poire en deux : un call spread financé par un put vendu. Coût d'entrée faible. Gain plafonné. Risque baissier en dessous du put.
Sur les desks FX, les seagulls sont le pain quotidien. Les trésoriers d'entreprise les utilisent pour couvrir leur exposition au risque de change à un coût quasi nul. En crypto, c'est la structure vers laquelle vous vous tournez lorsque vous voulez une exposition directionnelle mais que la IV est trop élevée pour justifier l'achat d'un call sec.
Ce que vous faites (Seagull haussier)
Exemple détaillé
BTC à 94 800. Vous êtes haussier sur les 30 prochains jours mais la IV est à 68 % et vous ne voulez pas payer 3 450 pour un call ATM.
Achetez le call 98k à 30 jours pour 2 180. Vendez le call 106k à 30 jours pour 780. Vendez le put 87k à 30 jours pour 1 450.
Coût net : 2 180 - 780 - 1 450 = -50 (petit crédit).
- BTC à 94 800 à l'échéance : tout expire sans valeur. Vous conservez 50. Un trade gratuit qui n'a mené nulle part.
- BTC à 103 000 : le call long est ITM de 5 000. Le call vendu expire sans valeur. Profit : 5 000 + 50 de crédit = 5 050.
- BTC à 110 000 : call long ITM de 12 000, call vendu ITM de 4 000 contre vous. Profit plafonné à 8 000 + 50 = 8 050. (Soit K2 - K1 = 106k - 98k.)
- BTC à 83 000 : le put est ITM de 4 000 contre vous. Perte : 4 000 - 50 de crédit = 3 950.
- BTC à 75 000 : le put est ITM de 12 000 contre vous. Perte : 12 000 - 50 = 11 950. Le put nu, c'est du concret.
Un seagull est un risk reversal avec un plafond. Un risk reversal (vente de put, achat de call) offre un gain illimité mais aussi un risque baissier illimité. Un seagull (vente de put, achat d'un call spread) plafonne le gain mais définit aussi jusqu'où le marché doit monter pour que vous atteigniez le profit maximum. C'est un trade directionnel plus conservateur. Vous échangez la convexité à la hausse contre un coût plus faible.
Comment fonctionne le P&L
- En dessous du put vendu. Le put passe ITM contre vous. Les pertes croissent comme une position courte sur le spot à partir du strike du put. Pas de plancher.
- Entre le put et le call long. Tout est OTM. Si le coût est nul, le P&L est plat à zéro. Zone morte.
- Entre les deux calls. Le call long prend de la valeur. Le profit croît linéairement.
- Au-dessus du call vendu. Les gains sont plafonnés à K2 - K1. Le call vendu compense toute hausse supplémentaire.
Quand l'utiliser
- Vous êtes modérément haussier et voulez participer à la hausse à l'intérieur d'une fourchette
- La IV est élevée et vous ne voulez pas payer le prix fort pour un call directionnel
- Vous êtes à l'aise avec une exposition baissière en dessous du strike du put (il s'agit d'un put vendu à nu
- Courant dans les programmes de couverture où le coût doit rester proche de zéro (trésoreries d'entreprise, overlays de fonds)
Erreurs courantes
Les grecques en un coup d'œil
Voir aussi :
- Risk Reversal, la version sans plafond
- Bull Call Spread, une composante du seagull
- Collar, structure bornée similaire mais avec détention du sous-jacent